Cinq niveaux, deux ajustements, et nos limites.
Quinze des seize applis de cave que nous avons comparées annoncent qu'elles vous disent quand boire votre vin. Presque aucune ne dit comment. Cela compte, parce que les méthodes derrière cette promesse n'ont rien de comparable, et que la différence se voit sur les bouteilles qui vous tiennent le plus à cœur. Voici comment fonctionne la nôtre, et où elle reste faible.
Caviste part de ce qu'il sait de plus précis sur votre bouteille et, à défaut, descend d'un niveau : domaine, type de cuvée, appellation, région, cépage. Le millésime et le format de la bouteille ajustent ensuite le résultat. Aucune bouteille ne reste sans fenêtre, chaque fenêtre reste modifiable, et nous mesurons notre propre erreur au lieu de vous demander de nous noter.
Trois approches existent sur ce marché, et elles échouent à des endroits différents. Reprendre la recommandation du producteur donne la réponse la plus sûre, à condition que le producteur en donne une, ce qui est rare chez un petit vigneron. Interpoler des courbes de vieillissement par cépage couvre tout, au prix de traiter un premier cru et un rouge de supermarché du même cépage comme le même vin. S'appuyer sur une base de vins est précis pour les vins qui y figurent, et muet pour la bouteille que vous avez ramenée de vacances.
La nôtre est une table : elle part de l'information la plus précise et descend vers la plus générale, si bien qu'elle a toujours une réponse. Sa faiblesse est l'inverse de celle d'une base : elle ne vaut que ce que valent les règles que nous avons écrites. C'est pourquoi la suite de cette page parle surtout de la façon dont nous trouvons les mauvaises.
Les niveaux sont consultés dans l'ordre, et le premier qui a une réponse l'emporte.
| Ce qu'il sait | Entrées | |
|---|---|---|
| 1. Domaine | Que ce producteur-là dépasse son appellation, et qu'un second vin n'est pas le grand vin | 305 domaines |
| 2. Type de cuvée | Champagne uniquement : la bouteille est-elle sans année, millésimée, ou une cuvée de prestige | sans année, millésimé, prestige |
| 3. Appellation | Le potentiel de garde de l'appellation nommée, mentions d'étiquette comprises | 858 appellations |
| 4. Région | La moyenne régionale par couleur, quand l'appellation nous est inconnue | 232 régions, 40 pays |
| 5. Cépage | Dernier recours : c'est la charpente qui décide, un assemblage tenant aussi longtemps que son cépage le plus solide | 74 cépages |
Une règle d'appellation décrit le producteur moyen. « Un Pauillac se garde trente ans » est vrai pour mille châteaux et faux pour cinq d'entre eux, dans les deux sens : les plus grands la dépassent de plusieurs décennies, et un second vin du même domaine ne l'atteint jamais. Les domaines nommés sont donc consultés d'abord, et quand nous n'avons pas de règle pour l'un d'eux, c'est la règle de son appellation qui s'applique, et elle reste juste.
Dans notre table, c'est l'appellation qui dit le rang du vin. Cela marche en Bourgogne, où la hiérarchie est dans le nom (village, 1er cru, grand cru). Cela ne marche pas en Champagne, où toute la région est une seule appellation : une cuvée de prestige millésimée et un brut sans année relèvent de la même règle, quand le marché donne quinze ans à l'une et trois à l'autre. Pour le Champagne, c'est donc le type de cuvée qui décide, et ces règles sont publiées sur la page Champagne.
Certaines mentions imposent légalement un élevage plus long avant la mise en vente, et le vin qui les porte se garde plus longtemps : un 1er Cru dépasse son village, une Gran Reserva dépasse une Crianza. Caviste les lit dans l'appellation que vous avez saisie. D'autres, comme Grand Cru ou Classico, désignent une zone ou un rang que la table porte déjà dans ses propres lignes : elles ne changent donc rien à elles seules, compter deux fois la même chose étant pire que de l'ignorer.
828 années cotées sur 30 régions, à une échelle volontairement grossière : cinq crans, d'exceptionnelle à faible. Nous ne prétendons pas séparer une année à 92 points d'une année à 94, et une année que nous n'avons pas cotée est neutre plutôt que devinée. La couleur compte autant que la région : les liquoreux de Bordeaux ne partagent pas les grandes années de ses rouges, 2007 étant médiocre en rouge et immense à Sauternes. Une grande année allonge la fenêtre, une petite la raccourcit, y compris pour les vins de très longue garde. C'est ce qui sépare un 1961 de légende d'un 1974 délavé, dans le même château. Année par année, les fenêtres sont publiées dans les pages millésimes.
Le vin vieillit plus lentement dans un grand flacon et plus vite dans un petit : un magnum allonge donc la fenêtre, une demi-bouteille la raccourcit.
Du millésime, normalement. Un effervescent sans millésime n'avait auparavant aucune fenêtre du tout, donc ni jauge, ni rappel, ni place dans la liste de ce qu'il faut boire. Il est désormais compté depuis l'année de votre achat, la seule date qui veuille dire quelque chose pour une bouteille sans année. Ailleurs, un millésime absent est une saisie incomplète et non une caractéristique du vin, donc nous n'y touchons pas.
Autant le dire franchement : une méthode qu'on ne peut pas critiquer est un argument publicitaire.
Aucun tableau comparatif ne pose cette question. Toutes les applis peuvent annoncer des fenêtres de garde ; la question est de savoir si l'une d'elles apprend un jour que les siennes sont fausses.
Nous le mesurons, et sans rien vous demander pour le faire. Quand vous réécrivez une fenêtre que nous avions suggérée, Caviste compare vos années à ce que la règle dit aujourd'hui et conserve l'écart. Nous en faisons ensuite la moyenne par appellation, parce que c'est à cette échelle qu'on sait quoi corriger : une personne qui n'est pas d'accord ne nous apprend rien, quand plusieurs personnes qui repoussent de plusieurs années la fin d'une même appellation nous signalent une règle à revoir.
Ne pas ajouter un bouton de note était un choix délibéré. Caviste propose déjà un pouce ailleurs, et il ne sert presque pas. On vote pour les autres, on corrige pour soi : le premier geste est rare, le second fréquent.
Nous ne publions encore aucun chiffre de précision ici. La mesure a démarré en août 2026, et il faut plusieurs semaines d'usage avant qu'une moyenne veuille dire quelque chose. Nous préférons laisser ce paragraphe vide plutôt que de le remplir d'un nombre que nous ne pourrions pas assumer, et les chiffres viendront ici quand ils existeront.
Un vin sorti de sa fenêtre n'est pas un vin à jeter, et une app qui l'affiche en rouge et sonne l'alarme est une app qu'on apprend à ignorer. Caviste affiche « Fenêtre dépassée », indique sur la fiche depuis combien d'années c'est le cas, et laisse un vin de longue garde hors des rappels urgents. Le jugement reste le vôtre : c'est vous qui savez comment la bouteille a été conservée.
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Cela dépend de quatre choses, dans cet ordre d'importance : qui l'a fait, d'où il vient, le millésime, et le format de la bouteille. Caviste les examine dans cet ordre, du domaine jusqu'au cépage, si bien qu'il a toujours une réponse. Un champagne sans année se garde quelques années, une cuvée de prestige millésimée plusieurs décennies. Ce sont des repères œnologiques indicatifs, et chaque fenêtre reste modifiable sur chaque bouteille.
Parce que l'appellation ne décide pas de tout. Une règle d'appellation décrit le producteur moyen : Caviste consulte donc d'abord les domaines nommés, et lit les mentions d'étiquette qui imposent légalement un élevage plus long. Le millésime et le format déplacent ensuite le résultat : un magnum allonge la fenêtre, une demi-bouteille la raccourcit, et une petite année raccourcit tout.
On les mesure. Quand vous réécrivez une fenêtre que nous avions suggérée, Caviste compare vos années à ce que la règle dit aujourd'hui et conserve l'écart, puis en fait la moyenne par appellation. Plusieurs personnes qui repoussent de plusieurs années la fin d'une même appellation nous signalent une règle à revoir. On ne demande ni vote ni note : la mesure repose sur des corrections que les gens font pour eux-mêmes. La mesure est récente, donc nous ne publions encore aucun chiffre de précision plutôt que d'en inventer un.
À voir aussi : Le potentiel de garde par appellation · Les millésimes · Comparatif de toutes les applis · FAQ
Scannez l'étiquette, votre cave se remplit toute seule et vous dit quand ouvrir chaque bouteille.